La technologie au service du savoir-faire chez Louis Vuitton

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« Je fais atterrir des Boeing remplis de japonais à Paris, je rapporte des milliards d’euros chaque année et je suis composé de seulement deux lettres : je suis je suis… ? » « Le monogramme Louis Vuitton ? » « Oui ,oui ,oui ouiiiiiiii ! » (seuls les fans de Questions pour un Champion peuvent comprendre…)

Plus besoin de présenter LA maison française de maroquinerie de luxe, reconnue aux quatre coins du globe pour ses sacs iconiques, à moins que… ! Hormis les splendides sacs hors-de-prix exposés en vitrine sur les Champs Elysées et les publicités dans les pages glacées des magazines de mode, qu’est ce que tu sais vraiment de Louis Vuitton ? Est-ce que tu as la moindre idée de comment sont fabriqués ces sacs ? Quel est le processus créatif aboutissant à une collection ? Qui achète vraiment ces produits ? Autant de questions auxquelles tente de répondre l’exposition « Louis Vuitton Series 3 », qui se tient actuellement à Londres. Aller voir cette exposition, c’est un peu comme pénétrer dans la chocolaterie de Willy Wonka : tu peux toucher concrètement des sacs que tu ne peux t’offrir que tous les trente ans, percer les secrets de fabrication de la maison en rencontrant les Woompa Loompa qui bossent là bas et repartir avec des étoiles plein les yeux. Et même pas besoin de ticket d’or, puisque c’est gratuit !

Une maison de luxe ancestrale à la pointe de la technologie

L’immersion dans l’univers fantastique du malletier, et plus précisément celui de Nicolas Ghesquière, l’actuel directeur artistique de la maison, commence dans une salle ronde dont les murs projettent des images à très vive allure. Des interviews de mannequins, des photos de la salle à manger originale de la famille Vuitton et des ateliers d’Asnières se succèdent dans un tango effréné, donnant l’impression au visiteur d’être une toupie. Que tous ceux qui sont sujets au mal des transports ou qui ont trop fait la fête la veille s’abstiennent, car la projection donne réellement le tournis ! Au centre de la pièce , une malle transformée en écran géant diffuse les possibilités infinies proposées au client : choix des matières, personnalisation des étiquettes, initiales gravées… Chez Vuitton, les clients sont rois, et ça se voit !

Pour les remercier d’avoir acheté un de ses produits, la célèbre maison de luxe les invite même deux fois dans l’année à assister au très prestigieux et renommé « défilé de mode » pendant la Fashion Week. Les veinards ! Rassurez-vous, Vuitton a aussi pensé à nous, pauvre plébéiens que nous sommes, et s’est dit que l’on aimerait peut-être voir ce que cela fait d’être, rien que deux minutes, dans la peau d’Anna Wintour (deux minutes, parce que je ne pourrais pas supporter de tirer la tronche plus longtemps). Ainsi, l’une des salles de l’exposition reproduit l’atmosphère d’un défilé, où les modèles de la collection Automne-Hiver 2015-2016 sont diffusés grandeur nature sur des socles numériques, marchant vers nous encore et encore. Il n’y a plus qu’à choisir sa place sur le front row et se laisser bercer par la marche hypnotisante des mannequins.

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Marie-Pierre, artisan chez Louis Vuitton, en plein ouvrage lors de l’exposition « Louis Vuitton Series 3 ».

 

L’artisanat sous le feu des projecteurs

Nicolas Ghesquière peut choisir les top models les plus en vogue du moment, ce n’est pas pour cette raison que la marque poursuit son rayonnement. L’essor de la maison Louis Vuitton repose surtout sur l’expertise et le savoir-faire de ses petites mains, qui sont un peu les boulons de la machine Vuitton : les mannequins ne sont finalement que le « packaging »   des produits.

Les sacs Vuitton, on les doit d’abord et surtout aux artisans qui passent enfin de l’ombre à la lumière grâce à cette exposition qui leur rend un véritable hommage. Les vraies stars ce sont eux, bien en chair et en os, puisque certains ont fait le déplacement de France jusqu’à Londres spécialement pour l’exposition. Sous nos yeux, deux maroquiniers qualifiés donnent en effet vie aux sacs les plus emblématiques de la marque, tandis qu’une caméra retransmet leur travail en direct sur des écrans géants. Selon Marie-Pierre, employée Vuitton présente sur place, la fabrication d’un sac prend en moyenne une trentaine d’heures. Pas la peine donc de s’éterniser en espérant assister à la finalisation d’un sac ! Direction la salle suivante, où les rouages du processus de création sont montrés au grand jour, poussant l’innovation de la maison française à son paroxysme. On y apprend ainsi que le cuir utilisé pour les accessoires est découpé au préalable au laser pour une finition parfaite, avant d’être travaillé par ces professionnels. Des pièces finalisées à la main que l’on retrouve à l’issue de l’exposition, portées par des mannequins immaculés, réalisées en 3D. Comme quoi les nouvelles technologies peuvent se mettre au service du savoir-faire ancestral.

Il a beau avoir soufflé ses cent-soixante bougies cette année, le monogramme Louis Vuitton n’a toujours pas pris un pli. Merci le laser !

Exposition "Louis Vuitton Series 3"
3D et savoir-faire artisanal ne font plus qu’un chez Louis Vuitton.

 

Exposition « Louis Vuitton Series 3 » jusqu’au 18 octobre 2015, au 180 The Strand à Londres.

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