Interdiction de porter le pantalon : ces femmes qui étaient hors-la-loi

(Un article rédigé pour @wondher)

Impossible aujourd’hui de concevoir notre vie sans pantalon ! Et pourtant, pendant longtemps, il était interdit aux femmes de le porter, la loi prohibant le “travestissement des femmes”. Datant de 1800, cette loi ridicule n’a été abrogée que très récemment. Il y a 7 ans, jour pour jour ! Hier quoi.

Le 31 janvier 2013, les femmes en pantalon n’étaient donc plus des hors-la-loi. Bon ok, on exagère un peu, ça faisait déjà quelques années que cette loi était devenue caduque.

Promulguée en 1800, cette ordonnance visait avant tout à limiter l’accès des femmes à certains métiers en les empêchant de se vêtir comme les hommes. Une interdiction qu’ont bravée plusieurs femmes. On pense notamment à George Sand, seule femme à avoir vécu de sa plume au XIXe siècle, notamment parce qu’elle avait masculinisé son patronyme… mais aussi sa tenue.

La peintresse Rosa Bonheur, connue pour ses tableaux représentant des animaux avait, elle, obtenu en 1852 l’autorisation de porter le pantalon pour se rendre aux “foires à bestiaux”, là où elle cherchait l’inspiration.

George-Achille Fould, Rosa Bonheur dans son atelier, 1893 (musée des Beaux-Arts de Bordeaux).

En 1887, les députés reçoivent une pétition réclamant le droit pour les femmes de porter à Paris les mêmes vêtements que les hommes, et en particulier le pantalon. Ce plaidoyer historique pour la « liberté de costume » est signé Marie-Rose Astié de Valsayre, militante féministe connue pour ses provocations en duel.

Marie-Rose Astié de Valsayre (à gauche), était connue pour ses nombreuses provocations en duel et son combat pour porter un pantalon, interdit aux femmes au XIXe siècle.

Au début du XXe siècle, Madeleine Pelletier, première femme interne en psychiatrie et grande figure du féminisme, porte le cheveu court et le pantalon, malgré l’interdiction. “Mon costume dit à l’homme : je suis ton égale” déclarait-elle alors.

Madeleine Pelletier est la première femme médecin diplômée en psychiatrie en France.

En 1930, la sportive Violette Maurice est exclue de sa fédération pour atteinte “aux bonnes moeurs”. Elle l’attaque alors en justice, ce sera le “Procès du Pantalon”.

Ouvertement bisexuelle, Violette Maurice fait des vagues dans le milieu du sport avant de rejoindre la sinistre bannière à croix gammée pendant la Seconde guerre mondiale, en opposition à une France qui l’a rejetée.

40 ans plus tard, en 1972, Michelle Alliot Marie se fait recaler à la porte de l’Assemblée. Le motif ? Elle porte un pantalon. Ce à quoi elle répondra, du tac au tac : “Si c’est mon pantalon qui vous gêne, je l’enlève dans les plus brefs délais.” Elle finira par passer, et ouvrira ainsi la voie au pantalon dans l’hémicycle.

En 1972, le pantalon de Michèle Alliot-Marie fait polémique à l’Assemblée.
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Impossible aujourd’hui de concevoir notre vie sans pantalon ! Et pourtant, pendant longtemps, il était interdit aux femmes de le porter, la loi prohibant le “travestissement des femmes”. Datant de 1800, cette loi ridicule n’a été abrogée que très récemment. Il y a 7 ans, jour pour jour ! Hier quoi. Le 31 janvier 2013, les femmes en pantalon n’étaient donc plus des hors-la-loi. Bon ok, on exagère un peu, ça faisait déjà quelques années que cette loi était devenue caduque. Promulguée en 1800, cette ordonnance visait avant tout à limiter l’accès des femmes à certains métiers en les empêchant de se vêtir comme les hommes. Une interdiction qu’ont bravée plusieurs femmes. On pense notamment à George Sand, seule femme à avoir vécu de sa plume au XIXe siècle, notamment parce qu’elle avait masculinisé son patronyme… mais aussi sa tenue. La peintresse Rosa Bonheur (3), connue pour ses tableaux représentant des animaux avait, elle, obtenu en 1852 l’autorisation de porter le pantalon pour se rendre aux “foires à bestiaux”, là où elle cherchait l’inspiration. En 1887, les députés reçoivent une pétition réclamant le droit pour les femmes de porter à Paris les mêmes vêtements que les hommes, et en particulier le pantalon. Ce plaidoyer historique pour la « liberté de costume » est signé Marie-Rose Astié de Valsayre, militante féministe connue pour ses provocations en duel. Au début du XXe siècle, Madeleine Pelletier (2), première femme interne en psychiatrie et grande figure du féminisme, porte le cheveu court et le pantalon, malgré l’interdiction. “Mon costume dit à l’homme : je suis ton égale” déclarait-elle alors. En 1930, la sportive Violette Maurice (1) est exclue de sa fédération pour atteinte “aux bonnes moeurs”. Elle l’attaque alors en justice, ce sera le “Procès du Pantalon”. . . 40 ans plus tard, en 1972, Michelle Alliot Marie se fait recaler à la porte de l’Assemblée. Le motif ? Elle porte un pantalon. Ce à quoi elle répondra, du tac au tac : “Si c’est mon pantalon qui vous gêne, je l’enlève dans les plus brefs délais.” Elle finira par passer, et ouvrira ainsi la voie au pantalon dans l’hémicycle.

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