Cendrillon : une adaptation qui garde la poussière

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Après « Maléfique » et « Alice au Pays des Merveilles », les studios Disney continuent sur leur lancée en adaptant un autre dessin animé de leur cru : Cendrillon. Le conte, écrit par Charles Perrault il y a plus de trois cent ans s’est offert un sérieux lifting à grand renfort d’effets spéciaux et d’images de synthèse. Si la forme a pris un sérieux coup de jeune, le fond continue de sentir la naphtaline et aurait bien eu besoin lui aussi d’un coup de baguette magique !

Il était une fois… Ou devrait-on dire plutôt, il était deux fois. Après le dessin animé sorti en 1950, Cendrillon et sa pantoufle de vair sont de retour sur grand écran en version « live », comprenez avec de vrais acteurs, de vrais décors… et de vrais caractères? A première vue, les personnages semblent être plus étoffés et contemporains. Pour preuve, Prince Charmant a même le droit à un prénom, « Kit ». C’est pour dire ! Cendrillon a arrêté de chanter, n’attend plus désespérément d’être sauvée et commence à avoir des convictions. En voilà un bon début ! Mais voilà, la liste des changements s’arrête là. Le gros des efforts repose sur les effets spéciaux et la mise en scène quelque peu kitsch (certaines robes aux couleurs chatoyantes piquent réellement les yeux), tandis que l’intrigue a tout simplement été copiée-collée sur le dessin animé. Cette histoire, on la connaît par cœur : Cendrillon se coltine encore le ménage et la lessive que lui impose son affreuse marâtre, ses deux belles-sœurs n’ont toujours pas inventé l’eau chaude, et pas un poil pubien en vue pour le Prince. Vous avez dit lassant ?

La réaction du Prince Kit devant son miroir à la vue de son premier poil prépubère.

Un conte misogyne ?

Même si le travail sur la trame de l’histoire reste très limité, on retrouve quand même un certain désir du réalisateur Kenneth Brannagh de se concentrer sur les enjeux sociaux que soulève le conte. En mettant en lumière l’anarchie qui règne après la mort du patriarche, Brannagh creuse encore plus l’écart générationnel qui nous sépare de l’époque de Perrault et met à mal le statut de la femme, qui se retrouve dans le film incapable de reprendre sereinement le pouvoir. Pour sortir d’une telle cacophonie, la seule solution est de se marier à un homme riche, avec un statut haut placé, qui subviendra à tous nos besoins. Elle est pas belle la vie ? Mais attention mesdames, seul le véritable amour peut nous permettre d’atteindre la vie rêvée de princesse. Afin de mettre toutes les chances de notre côté, nous nous devons d’être « bienveillante et courageuse ». Seulement alors, la chance nous sourira et nous trouverons enfin notre prince charmant qui nous sortira de notre vie de misère. Et le féminisme dans tout ça ?

En ces temps de lutte égalitaire entre les sexes, ce nouveau film sonne comme un retour-en arrière et s’assoit sur toutes les valeurs pour lesquelles les femmes se battent chaque jour. Qu’est-ce que vont comprendre les petites filles d’aujourd’hui ?

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